• Sophie

Réussir dans l’ingénierie 4.0: 5 pièges à connaître et des idées pour s’en sortir

Mis à jour : avr. 8

1. Le trou noir administratif

Il existe encore quelques trous noirs administratifs qui absorbent tant d’énergie et de temps des entrepreneurs qu’ils peuvent être mortels pour un projet. En effet, certaines administrations sont obsolètes, manquant de moyens et d’efficacité et dans certains cas souffrant de corruption sévère, ce qui donne parfois l’impression qu’elles redoublent d’efforts pour rendre la vie dure à leurs usagers. Par exemple, il faut faire un dossier, mais on ne vous donne que des listes de pièces partielles, il manque toujours quelque chose, vos dossiers traînent indéfiniment pour de multiples raisons… bref, un véritable puits de temps. La solution est de provisionner suffisamment de temps mais aussi de faire des appels à l’aide envers les administrations et les structures qui fonctionnent bien comme la FIPA, les incubateurs, les réseaux d’aide à l’investissement et de soutien

comme Tunisian Startups, par exemple.


2. Country branding

La Tunisie fait des efforts très louables pour rentrer dans le monde des technologies de l’industrie 4.0, mais elle n’est pas encore un hub réputé, ni au niveau national, ni international. Cela pose quelques problèmes parfois inattendus à l’entrepreneur isolé. Ainsi, administrations, fournisseurs et partenaires étrangers risquent de ne pas prendre le projet au sérieux et de voir la Tunisie comme un marché insignifiant. Des fournisseurs étrangers - ils le sont presque tous dans ce domaine de la technologie - qui peuvent vous ignorer car vous n’êtes pas un marché cible, refuser de se déplacer en Tunisie, mais aussi des administrations qui ne comprennent pas le projet, causent des retards significatifs. Faire des clusters et s’associer en pôles permet de créer des petits vortex qui attirent les partenaires, surtout étrangers, et donnent du poids aux équipes de projets. Il est important aussi, d’y croire et d’être ambitieux soi-même, pour pouvoir convaincre et mener le changement.


3. Culture d’utilisateur versus culture de créateur

Historiquement, la Tunisie a été un utilisateur de technologies. La plupart des machines industrielles sont importées de l’étranger. La culture technique, l’enseignement professionnel et universitaire, sont axés sur la conduction et la maintenance de systèmes industriels. Il est fondamental de commencer à apprendre à designer et créer des machines complètes dans les centres d’apprentissage, de formation professionnelle, les universités et les entreprises. Les connaissances, les méthodes et les réflexions sont en effet très différentes et ne s’inventent pas, mais s’apprennent. Cela va de paire avec le développement d’une culture de création, de créativité et de recherche. Encore une fois, commencer par se convaincre soi-même que la R&D, c’est aussi pour nous les tunisiens est une première étape essentielle.


4. La formation aux méthodes de R&D

A défaut d’avoir des jeunes formés aux techniques adéquates, il faut tenir compte d’un besoin de formation continue dans le cadre d’un projet 4.0 afin que l’équipe acquière les bonnes techniques et les bons réflexes. En effet, se retrouver devant la feuille blanche pour créer un produit de zéro est une situation déstabilisante si on ne possède pas les bonnes méthodes de développement, de coopération et de gestion de projet. Pire, lors du déroulement du projet, et des multiples itérations nécessaires, des erreurs de méthodes ou de gestion peuvent être fatales. Enfin, du fait de notre culture de sous-traitance, qui a longtemps représenté la majorité de nos activités, la relation directe avec un client, la compréhension de ses besoins, l’accompagnement et les validations tout au long du projet sont également des activités nouvelles pour beaucoup. C’est un point fondamental pour la réussite d’un produit. La bonne nouvelle est que ça s’apprend, et que ça marche.


5. Coopérer

Enfin, devant les nombreux défis, avoir un bon réseau de soutien peut réellement être décisif pour la réussite d’un projet. Il s’agit de membres de l’administration (FIPA, APPI, Ministères, Gouvernorats), des partenaires et fournisseurs, des clients, des universités et centres de formation, des pairs dans l’industrie. C’est un atout indispensable pour acquérir plus de poids, convaincre les administrations, négocier avec les fournisseurs et partenaires, influencer les centres de formation, échanger les bonnes pratiques, et finalement, changer une culture d’utilisateur à une culture de créateur.

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